Combat

« J’étais sur un nuage »

le 9 juillet 2013 - Ambassadeurs, Performance - Combat

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Membre de la Fédération Française d’Aïkido (FFAB) et aujourd’hui ceinture noire 6ème dan, Kamel Boussaboua partage, avec nous, sa passion pour cet art martial.

 

Comment as-tu découvert l’aïkido ?
Depuis mon enfance, je rêvais de pratiquer les arts martiaux, et tout d’abord le judo que j’avais découvert à la fin des années cinquante au cinéma. C’est en 1964 que je découvre l’aïkido à l’occasion d’un documentaire à la télévision. Mais c’est en 1971, à 19 ans, que je franchirai le pas, et c’était vraiment le fruit du hasard…

Comment s’est déroulé ton premier cours ?
J’ai assisté à un cours en tant que spectateur, il s’en dégageait une ambiance très agréable. Il y avait une majorité de jeunes et aussi beaucoup de jeunes femmes. A la fin du cours, alors que je m’apprêtais à quitter la salle, l’une d’entre elles, me rattrapa dans l’escalier et me demanda si je comptais m’inscrire. J’ai signé ma première licence le cours suivant !

Avais-tu, plus jeune, un modèle ?
Je pratiquais l’aïkido depuis quatre ans quand à l’occasion d’un stage j’ai croisé le chemin d’un maître japonais, maître Tamura Nobuyoshi – 8ème dan. C’était en 1975. Ce fut pour moi une véritable révélation. J’ai eu l’occasion de le suivre assez régulièrement, jusqu’à sa disparition en juillet 2010. C’était un technicien hors pair. Un aïkido élégant, efficace et puissant. Outre ses qualités techniques, c’était un homme attachant, foncièrement bon, bienveillant. Bien sûr, j’ai eu l’occasion de pratiquer avec d’autres experts japonais à l’occasion de leurs passages en France, mais c’est maître Tamura qui m’a montré la voie et son souvenir n’en est que plus présent.

On entend souvent dire que l’aïkido, « c’est un peu comme la danse », « manque d’efficacité »… Peux-tu nous convaincre du contraire ?
Il y a plusieurs niveaux de pratique en aïkido. La pratique la plus courante c’est celle qui consiste à mettre l’accent sur la recherche technique, de l’harmonisation avec le partenaire. C’est aussi celle-là que l’on met souvent en avant lors des démonstrations parce qu’elle est la plus spectaculaire. C’est cette harmonie et les taï-sabaki (déplacements) qui laissent à penser que l’aïkido « est une danse » et donc pas efficace. Cependant, l’efficacité (Ko ryoku) est un aspect qui peut être abordé ensuite quand un certain bagage technique est acquis. Si l’aïkido n’avait pas été efficace pourquoi alors la police japonaise et d’autres services de maintien de l’ordre l’aurait-il adopté ?

Ton plus beau souvenir en tant qu’aïkidoka ?
Difficile de faire une hiérarchie, il y a tant de beaux souvenirs. Celui qui me vient à l’esprit, c’est quand j’avais passé ma ceinture noire 3ème dan, en 1979, devant maître Tamura (dont je viens de parler). Ce dernier m’avait cité parmi trois personnes pour la qualité de notre passage et m’avait renouvelé ses félicitations. J’étais sur un nuage. Autre bon souvenir, quand j’ai fait débuter mes enfants.

A quoi reconnaît-on un bon pratiquant ? Qu’est-ce qui fait la différence ?
Avec l’expérience, on apprend à apprécier un bon pratiquant au-delà de l’aspect éventuellement spectaculaire de sa pratique. Il arrive parfois qu’une démonstration qui en « met plein la vue » à un néophyte ne soit pas forcément l’expression d’une grande technique. Personnellement, je suis sensible à une certaine justesse technique qui peut s’exprimer au travers des techniques les plus simples, à la puissance sans brutalité. Ce qui fera la différence, c’est le relâchement et la sobriété des gestes. Tout cela s’exprimera dans les waza (techniques), au travers d’un shisei (expression visible d’une attitude juste, mentalement et physiquement) qui laissera transparaître tout le chemin parcouru par le pratiquant.

Que retires-tu de tes années de pratique ?
Tout d’abord, sur le plan mental, une confiance en moi qui n’était pas évidente tellement j’étais timide adolescent. L’aïkido m’a également apporté une certaine ouverture d’esprit, et j’ai l’impression d’être blindé contre le stress. L’aïkido sur le plan physique, m’a apporté une certaine vitalité, surtout quand je me compare à d’autres personnes de ma génération qui ont parfois négligé toute activité physique. Les différentes pratiques de l’aïkido : suwari-waza (techniques à genoux), tachi-waza (techniques debout), buki-waza (pratiques des armes, bâton, sabre…), les ukemi (chutes), développent et renforcent le corps, entretiennent les articulations et la condition physique…


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